lundi 26 avril 2021

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lundi 22 février 2021

Fortifications de Collioure

Collioure est un village réputé du Roussillon. Il est situé dans une région qui fut âprement convoitée au cours des siècles passés. De ce fait, de nombreux ouvrages défensifs, construits au fil du temps, sont encore présent dans la commune.

Il n’y a pas de traces des premières fortifications de la ville qui datent de l’époque Wisigoth. Un château est pourtant cité dès 673, preuve du rôle stratégique et commercial de la ville. Le château et la ville passent ensuite sous le contrôle des comtes du Roussillon qui fortifient la ville. 

Carte des fortifications

 A partir de 1172, Collioure appartient aux rois d’Aragon. Le château est entièrement reconstruit en 1207 et confié à l’ordre des Templiers puis à celui de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1312. Il est à nouveau reconstruit entre 1242 et 1280 et devient une résidence royale. Le Roussillon et Collioure vont ensuite appartenir aux rois de Majorque à partir de 1276. A cette époque est construite une tour de guet, sur l’emplacement du futur château de Saint-Elme. En 1343, le Roussillon passe sous domination espagnole.

Vue générale de Collioure avec le château Royal au premier plan

La ville est ensuite occupée brièvement par Louis XI entre 1475 et 1481. Elle est rebaptisée Saint-Michel. De nouvelles fortifications sont construites. La protection de la tour de garde est renforcée par la construction de remparts. Elle prend le nom de Saint-Elme. 

 

Le Château Royal

Le successeur de Louis XI, Charles VII rend le Roussillon à Ferdinand V. Son successeur, Charles Quint, renforce à nouveau les fortifications à partir de 1538. L’enceinte de la ville est modernisée et le château redevient une forteresse abritant une garnison.

Pour protéger l’accès à la ville, deux forts sont construits sur les hauteurs proches. Au nord, sur les hauteurs du pla de las Fourques, le fort Sainte-Thérèse. Un peu au sud, le fort de Saint-Elme, devenu obsolète face aux progrès de l’artillerie est reconstruit.

Château du Miradou et sur la colline au loin, le fort Saint-Elme

En 1642, les armées de Louis XIII débarquent sur la plage de l’Ouille. Elles prennent le fort Sainte-Thérèse puis le château Royal. La ville se rend. Le Roussillon et Collioure deviennent définitivement Français avec le traité des Pyrénées en 1659.

Fort Saint-Elme

Au 18eme siècle, les défenses de la ville sont à nouveau renforcées au. La protection du fort du Miradou est améliorée par la construction du fort Carré et du fort Rond entre 1725 et 1770. La redoute Carré est équipée de 13 canonnières et de 5 canons. Les murs sont percés de meurtrières pour des mousquets. La garnison loge sur place et possède son propre magasin et ces propres réserves d’eau. L’entrée est assurée par un pont levis. Le fort Rond appelé également fort de l’Etoile est construit dans le prolongement du fort Carré. Il comporte divers postes de tir et peut recevoir jusqu’à 7 canons. Les deux positions sont reliées au fort Miradou par un chemin couvert.

Le fort Carré

En 1793, la ville est occupée par les troupes espagnoles puis reprise en 1794 par le général Dugommier après des combats très durs. Pris sous les feux de l’armée française et endommagé, le fort St-Elme est rénové. Il est transformé en magasin militaire et prend le nom de Fort du Rocher.

Entrée du fort Carré

La redoute Dugommier est construite entre 1813 et 1834 pour protéger le fort de Saint-Elme des attaques terrestres. Initialement construite en terre, elle est reconstruite en maçonnerie entre 1848 et 1851.

Chemin couvert sous le fort carré
En 1865, l’apparition du canon à rayure révolutionne l’artillerie. Les canons deviennent plus puissants et plus précis. La guerre de 1870 contre la Prusse va démontrer La faiblesse des forteresses. Après la défaite qui fragilise la position française en Europe, il redevient nécessaire de protéger les frontières, notamment le Roussillon.
Fort Saint-Elme et redoute Dugommier

Le général Boulanger, alors ministre de la guerre, charge le général Henri Berge de créer un nouveau système défensif. Le général Séné de Rivières, nommé directeur du comité de fortification, lance dès 1874, un vaste programme construction de nouvelles fortifications. Leurs principales caractéristiques sont d’être semi-enterrées et recouverte d’une épaisse couche de terre. Elles se couvrent mutuellement et sont éloignées des sites à protéger grâce à l’augmentation de la portée des canons.

Casernement
Dans le Roussillon, le système défensif est réalisé entre 1883 et 1886. Il a pour objectif de protéger Port-Vendres dont le port est devenu militaire en 1846, l’usine de dynamite de Paulille, construite pendant la guerre contre la Prusse et la route et le chemin de fer reliant la France à l’Espagne. Diverses batteries d’artilleries sont construites au-dessus de Collioure. Elles sont reliées entre elles par la construction d’une route stratégique, dite « route des Crêtes » qui dessert également le fort Dugommier et Port-Vendres. 

Batterie d'artillerie de la Galline

La batterie d’artillerie de la Galline est située à une altitude de 500 m au-dessus du village de Cosprons et un peu au sud du col de la Serra. Elle contrôle la voie ferrée et la route reliant Banyuls à Port-Vendres. Son armement se compose de 4 canons. Sa garnison est de 70 hommes. La défense extérieure de la fortification est assurée par des bastionnets.

Entrée de la batterie de la Galline

Plus haut dans la montagne, sur l’arête de Madeloc et au sud du col de la Serra  se trouve la batterie de Taillefer qui contrôle la vallée de Ravaner. Plus petite que la batterie de la Galline, son armement est composé à sa construction de 2 pièces de 7 livres  modèle 1873 et de 2 pièces de 12 livres. A une centaine de mètres au sud-est, et plus bas, se trouve le casernement dit « de droite » ou de Taillefer.

Tour Madeloc vue de la batterie Taillefer
Plus au sud, la tour Madeloc est restaurée afin d’en faire un site de surveillance, A proximité, deux redoutes appelées Madeloc Nord et Madeloc Sud sont construites entre 1885 et 1886. L’armement de ces deux sites est de 8 pièces de 4 livres modèle 1858 de campagne. Environ 500 m au nord-est, et plus bas, se trouve le casernement du Centre sur la route des crêtes.


Batterie des 500

La batterie des 500, quant à elle, est située un peu plus au sud, et au-dessus du col des Gascons à une altitude d’environ 500 m. Elle contrôle le col de Banyuls. Elle est construite entre 1885 et 1886 à flanc de montagne et sur une zone assez tourmentée. Elle abrite 2 pièces d’artillerie de 7 livres et 1 pièce de 12 livres. Sa défense est assurée par une escarpe demi-détachée et de deux bastionnées. A l’intérieur, divers bâtiment pour le logement de la troupe et le magasin de poudre. A 300 m au NNO se trouvée le casernement de Gauche.

Situés au sud du col des gascons sont construits en 1888 l’épaulement des Gascons Nord et des Gascons Sud. Ils sont armés de 5 pièces d’artilleries de campagne.

Dès 1884, l’apparition de l’obus à mélinite et de l’obus torpille rendent ces fortifications obsolètes et vulnérables. Elles vont être peu à peu abandonnées. La génération de fortification suivante sera bétonnée et enterrées.

Le château Royal est rayé du tableau des places de guerre en 1922 et classé au titre des monuments historiques la même année. Il est transformé en prison en mars 1939 pour servir de camp disciplinaire aux réfugiés Républicains de la Retirada. A Collioure, d’autres bâtiments comme le bâtiment de l’artillerie et les vestiges des remparts sont classés monuments historiques en 1927. Le fort du Miradou est toujours propriété de l’armée. Il abrite le Centre National d’Entrainement Commando.

Le fort St-Elme est démilitarisé en 1903. Il est classé monument historique en 1927. Il et ensuite restauré. De 1942 à 1944, il est occupé par le Kriegsmarine. Puis dynamité en partie à leur départ. Il est à nouveau restauré dans les années 1950 et en 2004.

Les autres forts sont laissés à l’abandon peu à peu. Les batteries des Gascons Nord et Sud sont détruits, peu de vestiges sont visibles. Également détruit en partie, le fort Dugommier est en cours de restauration.

mercredi 28 octobre 2020

Salines de Cambrils

Le hameau de Cambrils se trouve dans la municipalité d’Odèn dans la comarque du Solsonès qui dépend de la provence de Lleida en Catalogne. Son sous-sol renferme un gisement de sel qui jaillit d’une source appelée Font Salada avec une concentration de 300 gr par litre d’eau.

Hameau de Cambrils et vallon du riu Fred
Si le sel a semble t-il été utilisé par les éleveurs de la région il y a bien longtemps, les premières traces d’une exploitation saline à Cambrils datent de 1780. Un texte fait en effet mention d’une ferme et d’une exploitation artisanale. La saline telle que l’on peut la découvrir actuellement daterait de la fin du 19eme ou du début du 20eme siècle. 

Sentier descendant le riu Fred vers les bassins de rétention

A cette époque, l’eau salée jaillissant de la Font Salada était transportée, par des conduites d’eau en bois, des fossés et des caniveaux vers des grands bassins d’évaporation situés plus bas, dans un lieu appelé Les Cabanetes. Ces bassins, au nombre de 3 ou 4, creusés dans la roche ou la terre étaient construits avec des dalles en argile pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans la terre. Dès que le niveau d’eau d’un bassin était suffisant, généralement, quelques cm, le remplissage cessait. Il fallait alors attendre plusieurs jours que l’eau s'évapore. Pendant ce temps, les autres bassins continuaient à se remplir. 

Stalacticte de sec

Le sel est ensuite récolté à la main, puis placé sur des étendoirs pour qu’il finisse de sécher. Ces étendoirs étaient constitués de panneaux en bois inclinés pour que l’eau s’écoule naturellement. Ils ont disparus avec la fermeture des salines. Ensuite, le processus de remplissage du bassin reprenait. 

Sol d'un bassin de rétention

Une fois séché, le sel était transporté jusqu’aux entrepôts par un système de rails et de wagonnets. Il était moulu puis stocké pour être vendu, principalement aux alentours, dans les régions du Solsonès et de l'Alt-Urgell.

Rigole destinée à capter l'eau sortant de la source

Le rendement et donc la rentabilité du site, dépendait surtout de la vitesse d’évaporation de l’eau. Celle-ci était plus élevée aux beaux jours que l’hiver. Cambrils étant situé à une altitude de 1000 m, la mine ne fonctionnait donc qu’aux beaux jours, généralement de juin-juillet jusqu’à la fin du mois de septembre. 

Conduite d'eau en bois au premier plan
Au fil de son exploitation, la saline passa aux mains de diverses familles : Les Lorenzo Farràs, puis deux générations de Fornesa de Barcelone pour finir aux mains de Josep Roca d’Oliana à partir de 1954. Ce dernier tenta de moderniser le site en ouvrant notamment une mine mais sans succès. La saline ferma en 1963. 

Détail d'une conduite d'eau en bois

Le site possédait également quelques autres activités artisanales. Il y avait un four qui permettait de fabriquer des tuiles et des briques pour l’exploitation agricole et les activités des environs. Le bois nécessaire à la cuisson de l’argile provenait de la forêt situé juste à côté. Le long du riu Fred, le ruisseau qui traverse le site, se trouvait 5 moulins qui avaient chacun une fonction différente. Le premier et le dernier moulin permettait de broyer du sel avant son stockage, et de fournir un peu d’électricité grâce à un générateur. Les moulins suivant permettaient le broyage de la farine, du fourrage et du grain.

Un des 5 moulins


 

jeudi 15 octobre 2020

Mines du col du Pourtalet

Le col du Pourtalet est un célèbre point de passage entre le Béarn et l’Aragon. La célébrité du site vient de sa proximité avec le pic du Midi d’Ossau et des ventas que l’on trouve au col. Le sous-sol de la région renferme un gisement de fluorite qui s’étend sur le versant français du pic d’Anéou et le versant Aragonais.

La fluorite est connue depuis l’antiquité. Elle est utilisée dans l’industrie comme fondant pour fabriquer de l’acier, de la fibre de verre, de l’acide fluorhydrique et des produits fluorés dérivés. Elle est aussi utilisée pour réaliser des systèmes optiques car ses qualités en terme de transmission de la lumière et de dispersion chromatique sont bien meilleures que la plupart des verres minéraux. Ces dernières caractéristiques lui permettent également d’être utilisée dans la fabrication de bijoux ou de porcelaines.Le gisement du col du Pourtalet fut découvert en 1843 et exploité au travers de diverses concessions minières appelées Anéou, Rosario, Elisita et Aguilas.

Le site de la concession d'Anéou et le pic du Midi d'Ossau

La concession d’Anéou est située dans le cirque d’Anéou, à environ 1,5 km au nord-ouest du col du Portalet. La mine Elisita est située juste après les dernières ventas, à environ 700 m au sud-ouest du col du Pourtalet tandis que la mine Rosario est située un peu plus au sud, à environ 1,4 km du col, sous le flanc sud du pic du Pourtalet.
Une concession est offerte à la « Sociedad Minera del Pirineo Central » en 1892. Elle exploite les gisements du versant Aragonais, semble t-il, de la fin du 19eme siècle au début du 20eme siècle. Cette même société exploite la concession d’Anéou de 1900 à 1906. 

Le parking supérieur de la station de Formigal situé juste sous le col du Pourtalet. La mine Elisita est située au-dessus des voitures visibles à droite

En 1909, la concession d’Anéou est reprise par un entrepreneur local. L’exploitation redémarre. Le minerai extrait est utilisé comme fondant dans les hauts-fourneaux du Boucou et dans la fabrique de porcelaine à la Real Fàbrica del Retiro. 2000 tonnes de minerai vont être extrait jusqu’à la fermeture en 1914. L’exploitation ne fut jamais rentable, l’altitude du site, environ 1800 m, ne permettant pas une exploitation toute l’année. Des recherches ultérieures, datant des années 1960 ont conclus à une trop grande dispersion du minerai de fluorite. Le site est démantelé avec la création du parc national des Pyrénées en 1967.

Chemin d'accès à la mine Elisita

A partir de 1913, des travaux de prospections sont entrepris pour la firme Zeiss. Ils sont arrêtés en 1936 par la guerre civile. Ils reprennent ensuite et aboutissent à l’ouverture des mines Rosario et Elisita, connues également sous le nom de «minas del Pourtalet » en 1954.

Entrée d'une galerie à la mine Elisita
 L’age d’or de ces deux mines se situe entre 1960 et 1980. La production totale est d’environ 20000 tonnes. Les réserves sont alors estimées à 21000 tonnes. Entre 1980 et 1984, la production se situe dans la fourchette de 2500 à 3700 tonnes. La concentration du minerai en fluorite attend les 70%. 

Ruine de cabane sur le site de la mine Elisita

Après avoir été extrait, le minerai évacué par camion est acheminé dans les fonderies du pays Basque (Bilbao) ou de Catalogne. Grace à sa très bonne qualité, la fluorine est utilisée par la société ZEISS pour fabriquer des lentilles haut de gamme ou pour fabriquer certains composants optiques de lasers utilisés par le CERN.

Entrée d'une galerie dans la concession Elisita

Pendant les dernières années de son exploitation, la mine Elisita compte 10 galeries. Les minéralisations stratiforme sont localisées après un parcours de 30 à 130 m selon les galeries. La mine Rosario quant à elle compte 6 galeries. Les minéralisations sont présentes en poches perlée.

Les mines sont fermées depuis 1991. La concession est actuellement aux mains des « Minas del Formigal SA ». Une partie de la mine Elisita a disparu avec l’agrandissement de la station de ski de Formigal. L’affaire a finie en justice. Un jugement de 2011 a donné la prédominance des activités touristiques sur l’exploitation des sous-sols.

Un projet de musée à été évoqué il y a quelques années sans aller bien loin dans les études.

Trou d'accès à la mine Elisita

La visite de ces deux sites montre que l’exploitation du minerai a été effectuée à très faible profondeur et de manière complètement artisanale. Des galeries ont été ouvertes un peu partout, sans réelle réflexion. Certaines galeries se croisent puis remontent en surface. L’exploitation du être dangereuse. Le rendement fut toujours médiocre.

lundi 5 octobre 2020

Mines d'Arre et d'Anglas

Les mines d’Anglas sont situées dans le département des Pyrénées-Atlantique, au-dessus de la station de ski de Gourette, juste à côté du lac d’Anglas, sur la route du GR10, vers 2100 m d’altitude. Le site des mines d’Arre, est quant à lui situé dans le vallon du gave de Soussouéou situé au dessus de Gabas en vallée d’Ossou et à une altitude d’environ 2100 m. Les deux sites sont donc séparés par la hourquette d’Arre.

Les prospections géologiques ont permis la découverte de différentes minéralisations : Blende (Zinc), Barytine (Baryum), Scheelite (Tungstène), Arsénopyrite (Arsenic), Chacopyrite (Cuivre), Magnétite (fer). Malgré la dénomination de mines de fer sur les cartes IGN, seules les minéralisations de zinc ont été exploitées. Les minéralisations de Scheelite (tungstène) ont été étudiées mais sans faire l’objet d’exploitation.

Vallon de Soussouéou vu la la Hourquette d'Arre

Les minéralisations de zinc contenant un peu d’argent, une concession est octroyée dès 1852 à une société basée à Montpellier mais sans être exploitée. En 1881, la concession est octroyée à la « Société des mines d’Arre » qui met en exploitation le filon d’Arre.

Sites des mines d'Anglas et lac d'Anglas
Sites des mines d'Anglas et lac d'Anglas

L’exploitation de la mine, située sous le pic d’Arre-Sourins, à une altitude d’environ 2100 m et, à plusieurs heures de marche du hameau de Gabas est difficile. Elle n’est ouverte qu’aux beaux jours, 5 ou 6 mois par an et, l’évacuation du minerai est difficile. De facto, le site est peu rentable. Pour améliorer sa rentabilité, le concessionnaire décide de l’exploiter pendant la période hivernale. Durant l’hiver 1882-1883, une trentaine d’ouvriers logés sur place, dans une grande cabane, travaillent à la mine. Dans la nuit du 18 novembre 1882, c’est le drame. Après une forte chute de neige, une avalanche balaye le site et la cabane des mineurs. 16 d’entre eux sont tués, 4 sont gravement blessés. Les cadavres ne seront descendus dans la vallée qu’après la fonde des neiges, au printemps. Trois ans plus tard, le gisement d’Arre est abandonné.  

Sentier de la mine
La même année, la Société des Mines d’Arre acquiert la concession pour l’exploitaton du site d’Anglas. Elle change de nom pour celui de Société des Mines d’Arre et d’Anglas.

Ruine d'un bâtiment qui devait abriter une forge pour l'entretien des outils
D’importants travaux sont entrepris pour exploiter le site et permettre l’évacuation du minerai. Une première zone d’exploitation se trouve à une altitude de 2131 m, à l’est du lac d’Anglas. Le minerai est affleurant avec une galerie qui sert de dépilage. Un deuxième niveau se trouve à 2109 m au niveau du carreau de la mine et des bâtiments. Elle est aujourd’hui écroulée. La dernière galerie se trouve au niveau du lac à 2087 m. On accède au filon par le travers-banc.
Site de la galerie numéro 3

Le minerai brut est transporté jusqu’à la station terminale du câble aérien situé à proximité des bâtiments du niveau 2 par des wagonnets sur rails. Un système bi-câble permet ensuite de descendre le minerai jusqu’aux ateliers du Cardet situés au dessus de Gourette à 1300 m d’altitude ; soit une distance d’environ 3 km avec 800 m de dénivelé et cinq stations intermédiaires.

Entrée du travers-banc de la galerie 3 (alt. 2087 m)
 
 Le minerai enrichi est alors transporté à Laruns par tombereaux puis par chemin de fer jusqu’à Bayonne avant d'être exporté vers les centres sidérurgiques d’Angleterre ou d’Espagne.
Travers-banc du niveau 3
En 1988, une centaine d’ouvriers, travaillent à la mine, à la laverie du Cardet ou sont affectés à l’évacuation du minerai. Cette année la, 3 720 tonnes de minerai sont exportées. C’est la meilleure année pour la mine. En ces années la, 40 tonnes de minerait sont extraits, descendus et traités à l'usine du Cardet.
Wagonnets sur le carreau de la mine, à proximité de la galerie 2 (alt. 2109 m)
Pourtant, le rendement est médiocre. La mine cesse son exploitation en 1893 par manque de rentabilité. La production ne justifiant pas les frais de fonctionnement. Seulement 15000 tonnes de minerai sont extraits.
Galerie de dépilage du niveau 1
L’exploitation reprend à partir de 1904 avec la création de la Société Anonyme des Mines de Laruns. Le filon d’Anglas est exploité à partir du valon d’Uzious, appelé également quartier du Valentin.
lac d'Uzious
Une galerie est creusée pour donner un accès au niveau de la deuxième galerie du côté d’Anglas. Cette entrée est  reliée à la station numéro 2 du câble d’Anglas par un second téléphérique.
Vallon du Valentin par lequel transitait le minerai via le câble

L’extraction du minerai est facilitée par l’utilisation d’un compresseur hydraulique qui utilise la puissance de la cascade d’Uzious située sous le lac.
Restes de l'ancien câble à proximité de la station numéro 1
La mine cesse de fonctionner définitivement en 1916.La concession passe alors aux mains de la société Ibérienne des Mines qui se contentera de faire quelques travaux de prospection et de vendre une partie du matériel. Le reste restant à l’abandon jusqu’à nos jours.
Traces de rails à la station intermédiaire ou terminus permettant le transit entre deux stations
Au bilan, 10000 à 12000 tonnes de blende à 45% de zinc auront été extraits du site.

 

 
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