La mine de Rancié est située sur
la commune de Sem au dessus du village de Vicdessos an Ariège. L’exploitation
s’étend entre le village et le sommet du Pic de Ganchette à 1536 m. Elle fut en
son temps la plus grande mine de fer des Pyrénées avec une production annuelle
pouvant aller jusqu’à 7800 tonnes de minerai. Elle alimentait une cinquantaine
de forges, du Couserans jusqu’au Pays de Sault.
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Village de Sem |
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L'exploitation du minerai de fer
sur la mine de Rancié remonterait au VIeme siècle avant JC. En 1293,
par une charte, Roger Bernard Comte de Foix reconnut le droit pour les
habitants de la vallée de travailler à la mine et d'y exploiter le minerai de
fer. En 1343, Gaston 1er confirme et précise que les habitants de la
communauté de Vicdessos peuvent librement extraire et réduire le minerai. Les
règlements suivant confirmèrent le droit d’exploitation de la mine aux seuls
habitants de Sem, Goulier et Olbier.
Ce système de gestion perdura
jusqu’aux environ de la révolution. La découverte de nouvelles mines ainsi que
l’accélération des échanges commerciaux augmenta la concurrence et la
rentabilité de la mine Rancié diminua. De plus, pour ne pas perdre leur
travail, les mineurs, au nombre de 400 à cette époque, retardèrent la
mécanisation de l’exploitation et la rentabilité de la mine diminua d’autant. La
dernière galerie est percée à la fin du XIXeme siècle.
Au début des années 1900 des
conflits violents opposèrent les mineurs à leur administration qui voulait
réduire le nombre de mineurs. Ne pouvant pas imposer ses vues, l’administration
se retira. La mine fut alors gérée par une équipe de mineurs. Après la guerre
de 1914-18 qui relança son activité, la mine vivota. Le mode d'exploitation,
individualiste, provoqua assez souvent des accidents et des éboulements dans
les galeries. La catastrophe de décembre 1928 qui fit trois morts, servit de
prétexte au service des mines pour interdire l’exploitation de la mine en 1929.
En 1931 la mine fut définitivement abandonnée bien qu'elle ne soit pas épuisée
et malgré une tentative de réouverture.
Les principales entrées de
galeries de cette partie du massif sont l’Auriette,
Sainte-Barbe, le Pountz et la Caougne. Elles sont toutes reliées entre elles,
des plus anciennes en haut du massif aux plus récentes en bas. La galerie du Bacquey
située à l’entrée du village est l’avant dernière galerie creusée à Rancié. Le
minerai était évacué à l’aide de wagonnets posés sur des rails vers départementale
D8.
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Entrée de la galerie du Bacquey |
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Intérieur de la galerie du Bacquey |
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Plaque à la mémoire des mineurs de la mine du Rancié |
Un chemin de découverte du site,
balisé en jaune, et indiqué par des panneaux, part de Cabre, au niveau
l’ancienne trémie en bordure de route. Au passage on découvre le carreau de la
République (dernière galerie exploitée), et l’ancienne poudrière. Il monte à
Sem et se poursuit dans une forêt de hêtres en faisant de grand lacets jusqu’aux
anciennes galeries de Sainte-Barbe et de l’Auriette. Il est également possible
de démarrer la randonnée en partant du parking situé à l’entrée du village de
Sem, face à l’entrée de la galerie du Bacquey.
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Galerie Sainte-Barbe |
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Galerie de l'Auriette |
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Galerie de la Caougne |
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Tout au long de ce parcours des
panneaux pédagogiques apportent des connaissances sur l’histoire de l’exploitation
de la mine du Rancié. Quelques vieux balisages du GR10 nous conduisent jusqu’au
col de Grail. Il est possible de pique niquer sur des tables au pied d’un
refuge fermé. Peut avant ce col, un sentier balisé du GR10 permet d’accéder au
col de Lercoul.
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Refuge de Grail |
La randonnée peut se compléter
par la visite du musée de la mine situé dans la mairie de Sem. Une histoire de la région et des mines est disponible sur le site web de la vallée du Vicdessos à cette adresse :
http://auzatvicdessos.free.fr/index.htm
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Station du téléphérique à Cabre sur la D8. Il fur construit en 1896 |
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Détail d'une roue à engrenage |
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