Lorsque Berdadette Soubiron voit la Vierge pour la première fois le 11 février 1858, elle n'imagine surement pas qu'elle va durablement changer la vie des habitants de la région Lourdaise. Ces visions et la construction d’une basilique décidée par l’évêché de Tarbes, vont entraîner la venue de nombreux pèlerins à Lourdes. Avec l'arrivée du chemin de fer à Lourdes le 9 avril 1866, l'affluence des pèlerins et des touristes ne va pas cesser de croitre.
Lourdes va devenir le centre d'un réseau ferroviaire permettant de désenclaver les vallées Pyrénéennes. La voie ferrée reliant Lourdes à Pierrefitte par Argelès-Gazost est inaugurée en 1871. Si son but est essentiellement industriel puisqu'il s'agit de desservir la grande mine de Pierrefitte, elle permet également de développer le tourisme et le thermalisme.
C'est dans ce contexte que de nombreux projets, destinés à capter la manne financière apportée par les touristes dont le niveau de vie est élevé, souvent liés à la découverte des Pyrénées, vont voir le jour..
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Lourdes vue du Béout |
Le Pic du Jer
Le projet de relier Lourdes au sommet du Pic du Jer par un train à crémaillère est retenu. Son concepteur, l'ingénieur Chambrelent créé la Compagnie du Funiculaire du Pic du Jer et obtient en 1898 de la ville, une concession de 75 ans pour la partie haute du sommet et des terrains nécessaires aux travaux.
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Gare de départ au sud de Lourdes |
Les travaux commencent en août 1898. La gare de
départ, située à l'altitude de 420 m, est construite à la sortie sud de la
ville. Elle est reliée au centre de Lourdes par un tramway. Un téléphérique
provisoire est construit pour faciliter la construction de la voie ferrée et de
la gare d'arrivée en parallèle. A la fin des travaux, il sera démonté.
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Gare d'Arrivée |
La longueur de la voie, unique, est de 1120 m.
Elle passe à travers deux tunnels situés juste après le départ et juste avant
l'arrivée. Vers la mi-parcours, un viaduc d'une longueur de 127 m permet le
croisement du wagon montant et du wagon descendant. La pente moyenne est de 40%
pour un dénivelé de 473 mètres. La capacité de chaque wagon est de 80
personnes.
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Train à crémaillère au niveau du viaduc de croisement |
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Gare d'arrivée du train à Crémaillère |
La proximité du gave et des centrales hydroélectrique de Lugagnan et de Vizens facilite l'alimentation électrique des deux wagons.
Les travaux se terminent en décembre 1899. Le funiculaire est mis en service au mois de mai 1900 et inauguré le 17 juin. Il est alors le deuxième funiculaire électrique construit en France après celui des Mont-Dore en Auvergne.
En 1900, une grande croix en fer est ajoutée au
sommet.
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Le train entre en gare |
En 1935 la connexion au réseau de la microcentrale du moulin de Latour à Soum de Lanne apporte un supplément électrique au funiculaire.
Au début des années 50, la fréquentation annuelle moyenne est de 250 000 personnes. Elle descend ensuite à environ 120 000 personnes. La montée prend 12 minutes.
En 1954, le moteur Bell d'origine est remplacé par deux moteurs Alsthom de plus grande puissance pour le trajet et d'un second moins puissant pour faciliter les manœuvres de départ et d'arrivée. Les wagons ainsi que leur système de frein et d'entrainement sont rénovés.
En 1989, l'électricité est directement fournie par EDF.
A la fin de la concession donnée à la Compagnie
du Funiculaire du Pic du Jer, Lourdes reprend les installations en régie
municipale quelques années avant d'accorder en 1996 une nouvelle concession à
Sopygest, une filiale de l'entreprise Transmontagne.
A partir de 1995, les installations sont entièrement rénovées avec notamment l'installation d'un nouveau moteur Italien de la marque Sicme Motori et la rénovation des câbles. Les travaux vont durer deux ans. A l'issue de cette modernisation, la durée du trajet passe à 7 minutes.
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Sommet du pic du Jer |
Toutefois, avec le nombre de visiteurs en baisse, autour de 80000 par an, l'activité n'est plus rentable. La société est placée en liquidation judiciaire en 2007.
La municipalité de lourdes récupère les installations. La communication autour du site et les activités autour du restaurant et de la gare d'arrivée sont modernisées. Au sommet la table d'orientation Ledormeur est restaurée. Pour gérer les activités sportives, un sentier de randonneur et diverses pistes de VTT sont aménagés.
En 2019, les activités sont à nouveau offertes à concession. Le choix se porte sur la société EDEIS.
Il est possible de monter au pic du Jer à pied.
Le sentier pour marcheurs, démarre juste à gauche de de la gare du funiculaire
et rejoint la gare supérieure puis le sommet. Un bon sentier permet alors d'atteindre
le sommet qui laisse une impression de vétusté.
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Pic du Jer vu de la gare d'arrivée du téléphérique du Béout |
Le Beout
Dès 1898, Monsieur Pèlerin conçoit le projet d'équiper le mont du Béout (792 m), situé juste au sud de Lourdes, d’un téléphérique. Les travaux, retardés notamment par les deux guerres mondiales débutent en 1930 et se terminent en 1944.
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Le Béout et la gare d'arrivée du téléphérique vu du pic du Jer |
La gare de départ se situe alors sur la route
d'Argelès. La gare d'arrivée est implantée un peu plus bas et à l'est du sommet,
à 719 m d'altitude. Elle offre un magnifique panorama sur la plaine de Tarbes,
la vallée d'Argelès et les sommets des alentours. Divers sentiers permettent de
se promener sur le versant sud de la montagne, pour par exemple, aller visiter
un immense gouffre aménagé un peu plus bas ou rejoindre le sommet du Béout ou
fut installé à l'époque, une immense étoile éclairée une partie de la nuit.
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Gare d'arrivée du Béout en 2021 |
Le téléphérique, d'une seule portée et d'une longueur de 1314 m, était actionné par un petit moteur de 125 chevaux permettant aux deux cabines de 40 places chacune de faire l'ascension en 6 minutes environ. Les cabines sont changées en 1951, les moteurs en 1960. Le téléphérique va fonctionner jusque dans les années 1990. Les normes de sécurité rendant le coût de mise aux normes trop élevés, l'activité cesse. Les téléphérique et les câbles sont démontés en 2000. Dès lors, la gare d'arrivée, livrée au vent et aux dégradations humaines, va servir d'abris aux moutons…
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Arrivée du téléphérique du Béout |
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Gare d'arrivée du téléphérique du Béout |
Le Pibeste
Le pic du Pibeste est une montagne située au sud du Béout, entre les villages d'Ouzous au sud de la montagne et Ossen au nord. Son sommet est situé à une altitude de 1349 m. La vue sur toute la région et les chaine frontière y est remarquable.
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Argelès-Gazost vu du Pibeste |
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Gare d'arrivée du téléphérique du Pibeste |
En 1933, Armand Soubirous propose à nouveau de construire un téléphérique pour accéder au sommet. Sa proposition est accueillie favorablement. Il obtient de la commune d'Agos-Vidalos un bail de 99 ans et crée la Société Anonyme Lourdaise du Téléphérique d’Agos-Pibeste, la SALTAP.
Dès lors, malgré quelques difficultés administratives, le sommet du Pibeste appartient en effet à plusieurs communes, qui mettront quelques années à se résoudre, les travaux peuvent commencer.
La gare inférieure est située sur la commune d'Argos-Vidalos, un peu au nord du village sur la D921, au-dessus de la base de loisir du Lac Vert et à proximité d'une carrière. Elle apporte l'électricité nécessaire au fonctionnement du téléphérique soit 15000 volts.
Le contrat de construction du téléphérique est attribué à la société Heckel de Sarrebruk pour un coût de 1140000 F. Elle va construire un téléphérique à double voie avec un câble porteur réalisé par la société des Tréfileries et Câbleries de Bourg en Bresse. L'ensemble soutient les deux cabines qui fonctionnent en parallèle.
La gare supérieure, construite sur un escarpement rocheux est construite sur plusieurs étages contenant un bar restaurant, la machinerie, le logement du gérant et la station d'arrivée du téléphérique. Le bâtiment est couvert d'une terrasse agrémentée d'une petite tour à mâchicoulis.
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Gare d'arrivée du téléphérique du Pibeste |
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Terrasse panoramique du Pibeste |
Le téléphérique fut exploité de 1934 à 1969. Il cessa pour des raisons de cout de rénovation trop élevés.
Un projet en réouverture fut étudié il y a quelques années. Evalué à 15 million d'€, il prévoyait la réouverture au public avec la création d'un refuge et d'un bar-restaurant panoramique. Actuellement, il semble mort-né.
A noter, l'existence d'une brochette historique réalisée par Mr Henri Larricq et Jean-Pierre Ninin-Barus à disposition à la mairie d'Agos Vidalos.
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Pibeste vu du pic du Jer |
L'ascension
du Pibeste est une randonnée à faire absolument dans le secteur
d'Argelès-Gazost. Au départ de Ouzous (550 m), prendre le sentier découverte
qui nous amène au travers d'un passage dans le belle forêt en 1 heure 30 à deux
heures et somme. Il est également possible de partir d'Agos ou de Ségus côté nord.
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Pibeste vu du Béout |
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