Les mines de carbone d’Ogassa i Surroca sont situées sur la
commune d’Ogassa, dans la province de Girone en Catalogne. Leur existence est
attestée dès 1761. En aout 1787 le fonctionnaire écrivain Fransisco Zamora fait
une visite dans les terres catalanes et raconte qu’il a trouvé une mine de
charbon qui aurait été découverte par l’agriculteur Silvestre Coronas, et ou
deux ouvriers travaillaient. D’après l’écrivain, le charbon est de bonne
qualité.
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Village de Sant-Martin d'Ossaga |
Afin d’alimenter l’industrie Catalane en pleine croissance,
une première mine est ouverte dans la municipalité en 1838. Pour transporter le
minerai, la société « el
Veterano Cabeza de Hierro» qui détient la concession projette dès 1844 de
relier par un chemin de fer, Surroca de Baix à Rosas. Ce projet ne vera pas le
jour. Un second projet, qui consiste à relier Camprodon à Barcelone via
Granollers et Vic est imaginé en 1855. Il aboutira trente ans plus tard. En
cette même année commence la construction du village de Surroca de baix qui
doit permettre de loger les mineurs sur place.
Pendant toutes ces années, le minerai est transporté par des
chariots tirés par des chevaux. Le chemin de fer arrive petit à petit dans la
région. En 1872, il relie Barcelone et Granollers. Il arrive à Vic en 1876 puis
à Ripoll en 1880. A la fin de cette même année, le chemin de fer arrive à à Sant Joan de les
Abadesses et à la station de chargement du minerai de Toralles.
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Ancien bâtiment des mineurs |
Les années 1880-1890 sont les plus faste. Le site, exploité par la compagnie « Ferrocarriles y Minas de Sant Juan de las Abadesas », devient un des plus importants de Catalogne. L’exploitation est bénéficiaire. En 1890, 66640 tonnes de minerai de charbon sont extraites des mines. La concession passe en 1882 sous le contrôle de la « Compania de los Caminos de Hierro del Norte de Espana ». Cette société, voulant rentabiliser le site, va faire construire deux cimenteries autour de Sant Joan : Can Balaguer et can Benet.
Grace à cette forte croissance, le village compte 1900
habitants en 1900. Cette même année, il devient un des premiers villages de
Catalogne à être raccordé à de l’électricité provenant de la récupération du gaz
de grisou (méthane). Le bâtiment contenant la turbine à gaz est encore visible
aujourd’hui.
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Ancienne usine de transformation du minerai |
En 1909, les mineurs fondent une coopérative et font
construire dans le village un bar et une salle des fêtes.
Le déclin commence. En 1913, seulement 11190 tonnes de
minerai sont extraites de la mine. Une grande grève éclate en 1917 pour protester
contre les difficiles conditions de travail. En 1919, le gouvernement espagnol
légalise la journée de 8 heures. A partir de 1920 l’exploitation passe sous
contrôle de la « Italo Hispano Minera SA » qui exploite la mine pendant 4 ans. Les gisements les moins rentables commencent à fermer. Une partie
du personnel est licencié et le matériel nécessaire à l’exploitation transporté
sur d’autres gisements. Environ 55 ouvriers continuent à travailler à la mine.
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Arrivée du téléphérique avec au premier plan à gauche le plan incliné destiné à alimenter l'usine de transformation du minerai |
Conséquence d’une loi élaborée pendant la dictature du général
Primo de Rivera qui décrète que les compagnies de chemin de fer ne peuvent
exploiter des mines, l’exploitation passe sous le contrôle de la compagnie de « Barruelo
de Santullán SA » en 1926 qui, un an plus tard arrête l’exploitation. Les trois cimenteries locales, qui étaient alimentées
par le charbon s’associent alors pour louer l’exploitation sus le nom de « Surroca
SA ». Une nouvelle galerie d’exploitation, la mine Nova, est ouverte et
exploitée. La production de minerai reste faible. Pendant la guerre civile, les
mines sont directement exploitées par les ouvriers qui viennent de loin parfois
d’Andalousie pour y trouver du travail. La mine continue à fonctionner à
minima, au grès des besoins des cimenteries locales.
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Font del pla inclinat de La Ramona |
A l’automne 1940, les mines sont inondées par l’Aiguat, la
terrible inondation. Une partie du personnel est licencié. Beaucoup d’habitants,
dont des veuves de la guerre, partent travailler dans les usines textiles qui
s’implantent en Catalogne. Mais comme l’Espagne de l’après guerre manque de
tout, la mine est rouverte. Des mineurs viennent de toute la région pour
trouver du travail. Ils sont souvent jeunes et cherchent à échapper au service
militaire.
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Entrée de la galerie de la mine du Pinter |
Dans les années 1945-1950 les exploitations à ciel ouvert du
pla d’En Dolça sont exploitées avec un certain succès. Pour diminuer les couts de
transport entre le village et les mines, toujours éffectués par des bœufs, un câble aérien reliant le site d’extraction au village, au lieu-dit « Ca
l’Armengol », située au-dessus des installations est installé.
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Galerie de la mine du Pinter |
Au milieu des années 60 la mine n’est plus
rentable. Le cout d’extraction du minerai reste trop élevé. De plus, le charbon
est directement concurrencé par le pétrole et les nouveaux procédés de
fabrication du ciment qui rendent les cimenteries locales obsolètes. Le filon
finit également par être épuisé. Les mines ferment en le 31 décembre 1967.
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Panorama du Taga (2039 m) |
Les mines passent sous le contrôle de la compagnie Hulleras
Vasco-Leonesas. Il s’en suit alors un fort exode de la population locale. Il ne
reste plus qu’environ 250 habitants dans le village de nos jours.
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Traces de mines à ciel ouvert à la porteille d'Ogassa |
En 1995, la société Ogassa Municipal voit le jour pour
tenter de mettre en valeur le patrimoine minier du village. De nos jours,
subsistent quelques entrées de galeries, des traces d’exploitation à ciel
ouvert et surtout dans le village, des traces plus ou moins bien conservées des
anciennes usines de traitement du minerai. Enfin, à proximité de la ville, on
trouve trace d’une des anciennes cimenteries.
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Entrée d'une galerie de mine à la porteille d'Ogassa |
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