Le massif des Albères est situé
au sud de la grande plaine du Roussillon. Orienté est-ouest et faisant office
de frontière entre les deux Catalognes, il pourrait apparaitre comme une
barrière contre les nuages, mais sa pluviométrie n’y est pas plus abondante que
dans la plaine.
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Le pic Neulos (1256 m), le plus haut sommet des Albères |
Les terrains situés dans la
plaine sont arides et perméables à l’eau. Ils favorisent donc les cultures. Les sous-sols du massif des Albères, composés
de granite, de schistes et de gneiss favorisent plutôt le ruissellement des
eaux. Le massif dispose de nombreuses sources qui au grès du relief, finissent
par donner naissance à des ruisseaux, par exemple la Ribera de la Roca à
Laroque-des-Albères, voire une rivière comme le Tassio qui coule à Sorède.
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Ruissau au-dessus de Sorède |
De cette eau sont nés ces
villages et leurs activités économiques liées le plus souvent à l’agriculture
et à l’élevage. Les cabanes de bergers ont été construites auprès d’une source,
de nombreuses maisons se sont adjointes d’un puits et les jardins ont été
bordés de nombreux canaux d’irrigation.
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Le Tassio à Sorède |
De cette eau, sont nés ces
villages et leurs activités économiques liées le plus souvent à l’agriculture
et à l’élevage. Les cabanes de bergers ont été construites auprès d’une source,
de nombreuses maisons se sont adjointes d’un puits et les jardins ont été
bordés de nombreux canaux d’irrigation.
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Sorède et le pic du Canigou |
Ces canaux sont un élément
important de l’environnement de ces villages. Ils permettent l’irrigation des
cultures, l’alimentation énergétique des moulins à grain et servent éventuellement
de lavoirs.
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Canal d'irrigation au-dessus de Sorède |
Ils se présentent généralement
sous la forme de tranchées creusées à même le sol et renforcées par des
murettes en pierre sèche. Au début du XXème siècle, certaines
parties ont été maçonnées de façon à étayer les bords et d’éviter un
éboulement. Leur largeur peut aller jusqu’à 70 cm et leur profondeur peut
atteindre 50 cm mais ils sont généralement plus petits. Un chemin, appelé le « franc
bord » borde leur parcourt afin que les usagers puissent y accéder.
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Canal d'irrigation au-dessus de Sorède |
Les canaux sont alimentés grâce à
une retenue, appelée, une « resclosa » en Catalan, qui sert également
de réservoir. Comme elle est située plus haut que les villages, l’eau circule
par gravité, ce qui permet de se passer d’un système de pompes. Plus bas, ils
se divisent en canaux secondaires, appelés « recs », puis en petites
rigoles latérales, appelées « embegues, pour emmener l’eau chez les
utilisateurs.
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Plaque de régulation des eaux
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De nombreuses vannes permettent de contrôler le débit entrant des
les recs. Ce sont généralement des plaques de fer glissant que l’on fait
glisser entre deux encoches.
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Laroque-des-Albères |
Le « Reguer » a en
charge l’administration d’un canal pour l’association qui le gère. Celle-ci
élabore le règlement, facture l’eau aux utilisateurs, règle les travaux
d’entretien et gère les conflits qui surviennent assez régulièrement.
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La Ribera de la Roca au lieu-dit "Les Caranques" |
A Sorède, il existe des canaux
depuis au moins le XVIIème siècle. Les principaux ont été aménagés
rive gauche du Tassio. Le principal canal, le « Rech Mayral » est
alimenté par le barrage qui est situé à l’entrée de la vallée Heureuse. Il a
une longueur de 2.4 km.
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Barrage d'Alimentation du "Rech Mayral" à l'entrée de la Vallée-Heureuse |
Près du moli d’en Cassanyes, se trouve le jeu de vannes
qui permet de contrôler l’ouverture ou la fermeture de certaines parties.
Les canaux du village furent très
endommagés par les crus de 1930, 1940 et 1963 et durent être reconstruits en
partie.
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Détail de la petite cascade |
Dans le hameau de Lavail qui
dépend de la commune de Sorède, on trouve également des canaux de petite
dimension qui sont alimentés par l’eau de la Massane.
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Début du Rech dels Molins au lieu-dit "Les Caranques" |
Le Rech dels Molins est le nom du
canal que l’on trouve au Laroque-des-Albères. Il daterait du XIIIème siècle. Outre sa fonction
d’irrigation, il servait à alimenter en énergie les moulins à farine du village,
dont la présence est attestée dès le IVème siècle.
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Canal d'ririgation à Laroque-des-Albères |
Le canal d’irrigation prend sa
source dans le ruisseau qui se nomme la Ribera de la Roca, au lieu dit
« Les Caranques », à la hauteur de la Rocavella. Après 1 km d’un
parcourt paisible, le débit s’accélère dans un passage mince nommé Salt, ou se
trouve l’emplacement du moulin de la Pava et plonge vers le village. Sa
longueur totale est de 2279 m.
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Canal d'irrigation à Laroque-des-Albères |
Après l’arrêt du moulin en 1807,
la chute d’eau du Salt fut utilisée pour actionner une turbine électrique qui fit
de Laroque une des premières communes à être alimentée en électricité à partir
de 1898.
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Le moulin de la Pava qui daterait du XIVeme siècle |
Il est particulièrement agréable
de suivre le canal d’irrigation de Laroque-des-Albères jusqu’à sa source. Le
départ de la randonnée peut se faire du bas du village ou il est commode de
garer la voiture sur une petite place ou l’on trouve tout les commerces.
Rejoindre la D2 qui mène à Sorède puis tourner à droite dans le rue qui monte
vers le vieux village. Un peu plus loin, il faut grimper un peut pour arriver
devant une jolie place avec l’église juste derrière. Devant l’entrée de l’église,
tourner à gauche et remonter le rue jusqu’à rencontrer un panneau de randonnée
et le canal d’irrigation. Un bon sentier fait alors place au goudron de la rue.
En continuant sur se sentier, on monte vers le moulin de la Pava. Juste après
une nouvelle montée, on arrive sur un nouveau sentier. Prendre le chemin à
gauche. Il faut alors suivre le canal jusqu’au bout en laissant sur la droite
deux sentiers qui descendent et un autre sentier qui grimpe vers le pic Neulos.
Au lieu-dit « Les Carangues », on trouve une petite retenue d’eau
alimentée par une jolie cascade. Revenir au village par le même itinéraire. Ne
pas hésiter à visiter le village et grimper à la tour ou l’on profite d’une
belle vue sur la plaine du Roussillon, les Corbières au loin et le Canigou à l’ouest.
Compter environ 1 heure 30 et 150 mètres de dénivellation pour l’aller-retour.
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Canal d'irrigation au pied du moulin de la Pava |
Bibliographie succince
- Sureda, son patrimoine
insoupçonné par Christian Baillet
- http://www.laroque-des-alberes.fr/fr/office-de-tourisme/decouvrir/laroque/le-rech-des-moulins.html
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