Le port de Salau (2087 m) est situé sur la frontière entre
le Couserans et la Catalogne. C’est un des grands lieux de passages qui permet
de relier la vallée du Salau dans le Couserans au comté de Pallars dans la
province de Lleida
. Étant le col le plus bas de la région
il fut, semble-t-il utilisé dès l’âge de fer. Au moyen âge, il était desservi
par l'hôpital de Ste Marie de Salou qui dépendait des chevaliers de St Jean de
Jérusalem. A cette époque, les pèlerins l’utilisaient pour se rendre à St
Jacques de Compostelle. Plus tard, ce seront des colporteurs, des ouvriers
agricoles ou des contrebandiers qui l’utiliseront ; à tel point, qu’une
douane sera installée au sommet. Pour donner une idée de son importance, des
sources font état de 20000 et 6000 voyageurs qui transitaient tout l’es ans
dans les années 1858-1862.
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Port de Salau vu du pic de l'Arrech |
Sur le versant français de la montagne, la forêt fut
exploitée pour fabriquer de la pâte à papier dès le 17
eme siècle. Au
début du 20
eme siècle, les arbres commencèrent à manquer. Les deux
associés Matussière et Forest possédaient les papeteries de Lédar depuis 1903
et dont l’entreprise portait leur nom, eurent l’idée d’acheter une exploitation
dans les sapinières de Bonabé sur le versant espagnol pour alimenter leur
usine. Ce fut un véritable village qui vit le jour avec une centaine d’ouvriers,
pour la plupart espagnols qui travaillaient dans l’exploitation.
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Croix frontière 422 au port de Salau. La croix 422 bis est située un peu plus à l'est |
Pour transporter le bois préalablement écorcés et équarris
jusqu’à Salau, un transbordeur par câble fut construit. Il permettait de relier
les gares terminales de Bonabé et de Salau distantes de 10 Km via deux stations
intermédiaires dont une au port de Salau. Le bois était ensuite transformé à
Salau en pâte en papier, puis transporté vers l’usine de Lédar en char à bœufs
puis en camions.
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Ruines du transbordeur au port de Salau |
La station du port de Salau comportait une station de
déchargement et une station de chargement. Ainsi, les douaniers présents au
sommet pouvaient s’assurer du respect du nombre de troncs d’arbres déclarés
pour des histoires de taxes. Pour assurer le transbordement et faire vivre le
personnel nécessaire à son fonctionnement, une grande bâtisse de 100 m de long,
d’une largeur comprise entre 5.5 m et 10 m et de plus de 5 m de hauteurs fut
construite au col au début du 20
eme siècle. Outre le transbordeur
elle comprenait des logements pour l'accueil des ouvriers, des boucherons, du
contre maitre, des douaniers et même une cantine. Une vaste râperie fut
également construite. La main d’œuvre était étrangère.
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Cabane dans les ruines du transbordeur |
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Les belles ogives de la "Cathédrale" |
Le transbordeur fut inauguré en 1903 et fonctionna jusqu’en
1923 date à laquelle la concession de Bonabé donna des signes d’épuisements. La
papeterie fut alors transférée à St-Girons pour profiter de la ligne de chemin
de fer qui arrivait jusqu’à la ville. Le bois venait alors du nord de l’Europe.
Il arrivait en bateau via bordeaux puis en train. L’usine a fini par fermer a
la fin des années 1950 victime de la concurrence.

Des années plus tard, ce furent les hommes qui à pied cette
fois franchirent la frontière pour fuir la guerre et le régime franquiste. Un
peu plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, ce fut le temps des passeurs
qui aidèrent résistants et pilotes abattus à fuir la France occupée et à
rejoindre Londres.
Après les
villages de Couflens et Salau sur la D3, continuer la route en direction des
mines d’Anglas. Après 1.5 km environ, se garder dans un large virage. Des
panneaux indiquent la direction du port de Salau. Le sentier balisé monte par
la cascade de Léziou par le GR 157.
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Traces de pylône sous le port de Salau |
Plus haut
au sortir de la forêt et passé la cabane de Pouill, on aperçoit alors les
restes d’un pylône, puis le port lui-même plus haut. Vers 1800 m, on trouve une
seconde cabane restaurée en 2009. Après une dernière montée puis une zone
presque plate on découvre les ruines au col de Salau.
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Cabane des Lanes |
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Intérieur de la cabane des Lanes en 2012 |
Bonjour Gilles Athier,
RépondreSupprimerje prépare pour août 2019 avec mon association les Cartophiles Ariègeois un livre sur les Mines d'Ariège, j'ai lu avec grand intérêt votre article paru en 2010 sur la mine de fer du Puymorens en lien avec la gare de l'Hospitalet et les hauts-fourneaux de Tarascon je souhaiterai utiliser partie de votre texte et de vos photos si vous nous le permettez et vous sollicite par le présent courriel
cordialement
FRANCIS SANS -Président des Cartophiles Ariègeois
Avec plaisir. Si vous pouvez, citez l'adresse de mon blog. Cordialement.
SupprimerBonjour Gilles,
RépondreSupprimerest il possible de vous contacter par mail ?
Jérémie
Bonjour Gilles,
RépondreSupprimerj'aimerais vous poser quelques questions sur les Pyrénées,
ou puis je vous joindre ?
Jérémie
Bonjour,
SupprimerVous pouvez m'écrire à l'adresse Gilles.Athier AT infonie.fr